mercredi 30 septembre 2015

Assises d'Aix : les accusés nient l'attaque du centre fort Sazias - La Provence

De l'aveu de l'ancien patron de la Brigade de répression du banditisme (BRB), "un centre fort ressemble ni plus ni moins à un entrepôt dans une zone industrielle". Et celui de Sazias, situé à Gemenos ne déroge pas à la règle. Pas de pancarte pour indiquer qu'ici se brassent des millions d'euros, et à part quelques banales caméras de vidéosurveillance, aucun signe extérieur de sécurité renforcée. Tout de passe à l'intérieur, façon poupée russe.

Un premier "sarcophage", protégé d'un simple mur de béton, en englobe un second où les employés trient les millions destinés à remonter à la Banque de France et à l'intérieur de celui-ci, un troisième qui sert à stocker l'argent en attente de transfert. Atteindre le coeur de cible n'est donc pas à la portée du premier venu... Si le 22 septembre 2007, une bande de braqueurs chevronnés et bourrés d'explosifs était parvenue à pénétrer dans les lieux et à rafler 20 M€ à la société de transport de fonds, le 4 janvier 2010, les malfaiteurs avaient jugé plus sage d'attendre qu'un fourgon, rempli de billets, quitte la forteresse pour passer à l'action. Le butin, plus maigre, était néanmoins honorable : 6 millions d'euros volatilisés comme les auteurs...

C'est en enquêtant sur ce dernier braquage, que les policiers de la BRB allaient comprendre, près d'un an et demi plus tard, qu'une nouvelle attaque était en cours de préparation. Mais s'ils avaient une vague idée de "qui", "on ne savait pas où, ni quand", a confessé hier l'enquêteur à l'ouverture du procès devant la cour d'assises, à Aix, de douze hommes accusés d'avoir tenté de braquer le centre fort de Gemenos le 9 août 2011.

Sur la trace des frères Acariès, figures aguerries du banditisme régional, ils avaient placé sur écoute "leur homme à tout faire", un Ciotaden de 38 ans, Sébastien Brundu. Quelques jours avant l'attaque qui préoccupe les jurés, une conversation leur avait mis la puce à l'oreille. Il y était question de "kalach" achetées et récupérées.. "Très vraisemblablement, on assistait aux prémices d'un passage à l'acte. Et c'était suffisamment inquiétant pour qu'on sensibilise les sociétés de transports de fonds". Y compris Sazias, cible de toutes les convoitises. Malgré ce, dans la nuit du 5 au 6 août 2011, un convoyeur de Sazias crevait étrangement alors qu'il descendait le col de l'Ange en direction de Gemenos. Un événement d'autant plus troublant que la chaussée était jonchée de pointes métalliques... Mais personne ne passait à l'action.

Sur les dents, la police pressentait l'imminence du passage à l'acte. Mais trois jours plus tard, c'étaient les gendarmes d'Aubagne qui, revenant d'une patrouille avaient constaté sur le portail de leur brigade une chaîne métallique, avaient mis en fuite les malfaiteurs. Paniqué, après des échanges de coups de feu, le commando avait abandonné cinq voitures sur place pour faire barrage et n'avait eu le temps d'en incendier que trois. Pas mal d'indices mettront la BRB sur la piste de la bande de la Ciotat, et notamment des frères Basile, connus et condamnés pour des attaques de DAB à l'explosif.

"Quand on pense attaque à l'explosif, on pense aux frères Basile car ce sont les seuls à en être capables", avance le policier, conforté par une dénonciation anonyme. Dans le box, on hausse à peine les sourcils. Les Basile assurent n'être concernés ni de près ni de loin par cette affaire. A l'image de la majorité de leurs co-accusés. Seul Nicolas Daoudi, interpellé alors qu'il entrait dans un box bourré d'armes et d'explosifs à la Ciotat, concède "être coupable d'avoir gardé les armes". "Mais je tairai les noms de ceux pour qui je travaillais, prévient-il. De toute façon, aucun n'est présent dans le box".

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