samedi 19 septembre 2015

Les distributeurs de billets attaqués avec du gaz - La Provence

Dabgaz". C'est le terme utilisé par les enquêteurs dans leur jargon. Comprendre, pour les non-initiés, une attaque de distributeur automatique de billets en le faisant sauter au gaz. En juillet dernier, c'est cette méthode qui est utilisée à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, contre un distributeur du Crédit agricole. "Nous confions les enquêtes concernant de tels faits aux gendarmes de la SR, la Section de recherches, de Marseille", expliquait, hier, le procureur de la République d'Aix, Dominique Moyal, revenant sur le démantèlement d'une équipe présumée.

Ces malfaiteurs auraient sévi entre juillet et septembre, jusqu'à leur interpellation par les gendarmes mobilisés tout l'été : parce que plusieurs faits de même nature étaient commis, pas forcément dans la région d'ailleurs, l'hypothèse était lancée qu'une équipe pût être à l'oeuvre pour faire sauter ces distributeurs. Alors très vite, à l'enquête préliminaire succédait une information judiciaire ouverte par le parquet d'Aix.

Sous l'égide d'un juge d'instruction, les gendarmes de la SR , appuyés de ceux du groupement des Alpes-de-Haute-Provence, du Var et de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante, se mettent au boulot. Premier travail : étudier la méthode. Laquelle consiste à déverser du gaz dans le distributeur, avant de faire détonner le mélange gazeux (enfin, d'essayer en tout cas) en provoquant une étincelle. La violente explosion, si elle survient et est suffisante pour crever la carapace blindée de l'appareil, permet d'accéder aux billets. Encore faut-il qu'elle ne soit pas excessive, faisant ainsi brûler les billets... "Ce n'est pas si simple que ça. Très souvent, c'est un échec", notent le proc d'Aix et le lieutenant-colonel Permingeat, adjoint au chef de la SR de Marseille.

En fin de compte, c'est pour un vol de type "Dabgaz", commis près de Montluçon dans l'Allier (préjudice de 15 000 €) et quatre tentatives malheureuses, que les militaires se seront lancés aux trousses de ces malfaiteurs. Des semaines de surveillance, des effectifs très mobilisés sur le terrain, bref, un travail de fourmi, pour finalement appréhender quatre personnes. Trois hommes d'une trentaine d'années, pas connus pour de tels faits auparavant et la compagne de l'un d'eux, suspectés d'avoir participé à ces "plastiquages" de distributeurs, perpétrés dans le Var, les Alpes-de-Haute-Provence, le Cher et l'Allier. Avec toujours une prédilection pour des agences du Crédit agricole. Sans doute parce que celles-ci se situent souvent dans de petites communes. Les faits se seraient déroulés jusqu'à ce 13 septembre, date à laquelle une dernière attaque "Dabgaz" a été commise dans l'Allier.

C'est quelques heures plus tard, d'ailleurs, que les enquêteurs ont lancé les interpellations, avec l'appui du PI2G, peloton d'intervention interrégional de gendarmerie d'Orange. Et jeudi, les quatre suspects domiciliés près de Forcalquier (pour trois d'entre eux) et Montluçon (le dernier) ont défilé devant le magistrat instructeur d'Aix. Les trois hommes ont été mis en examen pour vol et tentatives de vol en bande organisée ; vol de voitures et usages de fausses plaques, dégradation de voitures par incendie. Pour se rendre sur les lieux des attaques, ils volaient des véhicules retrouvés brûlés. La femme a été mise en examen pour recel et placée sous contrôle judiciaire. Les trois hommes ont été écroués.

L'instruction se poursuit, en lien avec la SR de Marseille : les surveillances désormais terminées, "le profil des mis en cause et leurs relations vont être approfondis. Des éléments sont en cours d'exploitation sur le plan de la police technique et scientifique".

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