samedi 19 septembre 2015

Assassinat de Maria : 23 ans de réclusion pour le mari - La Provence

Louis Cortes avait-il prévu de tuer sa femme, Maria, à coups de couteau ce 17 juin 2011 à Marseille, dans une impasse du Canet ? Oui, a répondu hier la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix, écartant la thèse de la défense sur "le coup de folie". Ses neveux, âgés de 24 et 16 ans au moment de ce crime sordide, étaient-ils au courant ? Non, ont estimé les jurés en rejetant la thèse de l'accusation.

"Maria était une proie facile. Elle a été menée dans cette impasse volontairement, avait pourtant asséné l'avocate générale, Martine Assonion, dans son réquisitoire. Elle a reçu 17 coups de couteau, surtout sur la figure. Et elle s'est laissé faire ? Elle n'a pas essayé de se débattre ?" Pour l'avocate générale, soit son mari, "Louis Cortes, était sur elle", soit "un tiers la maintenait au sol"...

Pour l'accusation, il semblait inconcevable que les neveux, deux jeunes hommes à la carrure athlétique, aient fait preuve d'autant de lâcheté face à l'acharnement de leur oncle. "C'est un enfant qui a été dépassé par les événements, avait rétorqué Me Fiorentini-Gatti, en défense du "petit-cousin". Les faits ont été très rapides. Et quand tout se passe très vite, on ne réfléchit plus. Surtout à 16 ans ! S'il savait que Maria allait venir avec Mariano, son cousin, il ne savait pas qu'elle allait mourir." "Tout le monde a vu qu'il prenait le métro, le train puis le bus pour aller chercher Maria à Auriol. Tout le monde sait que c'est le dernier à avoir été vu avec la victime. C'est le comportement d'un complice d'assassinat ?, s'emporte Me Jean-Jacques Campana, conseil de Mariano Cortes, plaidant lui aussi l'acquittement. Pensez-vous que cet homme qui voyait en Maria une confidente, l'aurait amenée sur ordre à son bourreau ? Ça ne vous heurte pas ? Non, i l ne connaissait pas l'intention funeste de Louis ! Et d'abord, y en avait-il une ?"

La défense, plaidant "l'absence de préméditation", a saisi la balle au bond. "Il a poignardé sa femme dans des circonstances qu'on veut grossir, noircir, a regretté l'un des avocats de Louis Cortes, Me Chaudon. Il n'a pas les capacités d'être un instigateur."

Même s'il voulait "devenir gendarme", la mort de ses parents et la précarité dans laquelle il vivait, ne l'ont pas poussé à faire de grandes études. À 12 ans, il se mettait "à ferrailler" et à fréquenter Maria, "la femme de sa vie" devenue sa victime. "Ce n'est pas un homme dangereux, a tenté Me Giraud, son autre conseil. Et il a toujours été fidèle." Ce qui, visiblement, n'était plus le cas de Maria, depuis qu'elle avait fait expulser Louis du HLM d'Auriol, lassée de sa violence. "C'était un coup de folie, assure la défense. Sa femme, il l'aimait. Et ses filles, c'est son obsession !" "Je ne pense pas que ce soit l'amour paternel qui ait poussé Louis Cortes à demander la garde de ses filles. Mais plutôt le versement des prestations familiales", avait auparavant jugé l'accusation.

Qu'elles que soient les raisons qui ont poussé Louis Cortes à infliger 17 coups de couteau à sa femme, deux fillettes de 12 et 11 ans, dont une aveugle, ont perdu leurs deux parents. "Non pas dans un accident mais parce que le père a tué la mère. La fracture est abyssale, prévient avec beaucoup de pudeur, Me Pinel. Elles ont eu droit au déchirement, au fond de l'abîme, dans un puits de larmes.""Papa, maman... C'est bizarre, ces mots qu'on ne prononce plus", a lu leur conseil dans une lettre poignante où il décryptait les souffrances de ces deux petites filles qui aimeraient "être normales" et pas dans "une impasse, comme maman".

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